Dans les applications à basse température, telles que les systèmes d'arbre de robot, joints d'huile à armature (joint d'arbre radial) subissent fréquemment des fuites d'huile, une usure accrue au démarrage et à l'arrêt, ainsi qu'une performance d'étanchéité instable. L'expérience sur le terrain montre que ces défaillances ne sont souvent pas dues à une installation incorrecte, mais à la perte de compensation efficace de l'interférence du rebord à basse température.
Cet article analyse l'influence de la basse température sur l'interférence du rebord et présente des stratégies de conception pratiques pour améliorer la fiabilité d'étanchéité dans des conditions de fonctionnement froides.
Influence de la basse température sur l'interférence du rebord
Les joints d'huile à armature s'appuient sur une pression de contact stable entre le rebord d'étanchéité et la surface de l'arbre pour éviter les fuites. Dans des conditions de basse température, plusieurs effets couplés entraînent une dégradation systématique de la performance d'étanchéité :
Durcissement du caoutchouc
Lorsque la température diminue, le module d'élasticité des élastomères augmente et la conformité du matériau diminue, réduisant ainsi la capacité de la lèvre à épouser la surface de l'arbre.
Incompatibilité de dilatation thermique
Les élastomères, les carcasses métalliques et les arbres présentent des taux de contraction thermique différents. Ce désaccord modifie l'interférence réelle et la pression de contact à basse température.
Détérioration de la lubrification
L'augmentation de la viscosité du lubrifiant retarde la formation du film d'huile au démarrage, ce qui pousse l'interface d'étanchéité vers des régimes de friction limite ou mixte et accélère l'usure.
Le problème fondamental n'est donc pas simplement une interférence insuffisante, mais l'incapacité de la lèvre à générer continuellement une pression de contact efficace à basse température.
Détermination rationnelle de l'interférence
L'interférence de la lèvre doit être optimisée en fonction des conditions de fonctionnement (pression, vitesse), des propriétés du matériau et du diamètre de l'arbre.
Les valeurs typiquement recommandées varient entre 0,35 et 0,55 mm, tandis que certaines applications à charge élevée peuvent nécessiter jusqu'à 0,8 mm.
Cependant, il n'est pas recommandé d'augmenter aveuglément l'interférence. Une interférence excessive peut augmenter le couple de friction, accélérer l'usure et provoquer un dégagement de chaleur accru. Les valeurs finales doivent toujours être vérifiées par simulation et tests de validation.
Sélection des matériaux : axée sur la résilience à basse température
Le maintien de la force d'étanchéité à basse température dépend principalement de la capacité de récupération élastique et de la résilience du matériau, et non uniquement de sa « résistance au froid » nominale :
FVMQ
Adapté aux températures extrêmement basses, offrant une bonne flexibilité combinée à une résistance aux huiles. Utilisé fréquemment dans les robots collaboratifs et les systèmes nécessitant une grande conformité.
FKM formulé pour basses températures
Allie résistance aux huiles, résistance au vieillissement et rebond amélioré à basse température, adapté aux systèmes d'étanchéité en environnements allant de modérément à faible température.
HNBR
Offre un compromis entre élasticité à basse température et résistance mécanique, couramment utilisé dans les équipements extérieurs et les machines de génie civil.
Le critère principal est de savoir si le matériau peut maintenir une récupération élastique efficace à basse température, et non simplement résister à l'exposition au froid.
Système de ressort : un mécanisme de compensation critique
Lorsque la rigidité du caoutchouc augmente à basse température, le ressort devient la source principale de compensation de la pression de contact :
Course effective adéquate et force de ressort stable à basse température
Partage coordonné de la charge entre le ressort et la géométrie de la lèvre
Dans des environnements extrêmement froids, les profilés à lèvre équipés de ressorts radiaux sont fortement recommandés
Un système de ressort correctement conçu améliore considérablement la stabilité d'étanchéité lorsque la souplesse de l'élastomère est réduite.
Optimisation structurelle pour l'adaptabilité thermique
Plutôt que d'augmenter l'interférence, l'optimisation structurelle est souvent plus efficace pour améliorer les performances à basse température :
Section de la lèvre réduite afin d'améliorer la flexibilité
Longueur prolongée du bras élastique pour améliorer la capacité de suivi
Angle de contact optimisé pour obtenir une répartition de pression plus uniforme et réduire l'usure des bords
L'objectif de conception est de permettre au joint d'étanchéité de réagir de manière dynamique, plutôt que de subir passivement une perte de performance.
État de surface de l'arbre : un facteur déterminant à basse température
Étant donné que la formation du film d'huile est plus difficile à basse température, la qualité de surface de l'arbre devient particulièrement critique :
Rugosité de surface maîtrisée entre Ra 0,2–0,4 μm afin d'équilibrer rétention d'huile et conformité
Introduction de micro-textures (par exemple, motifs croisés) pour améliorer la lubrification au démarrage
Éviter les défauts de surface pouvant provoquer une usure prématurée du joint d'étanchéité
Une préparation adéquate de l'arbre constitue une partie essentielle de la fiabilité du joint d'étanchéité à basse température.
Coordination au niveau système : adaptation thermique et maîtrise des tolérances
L'étanchéité stable à basse température nécessite une approche de niveau système :
Contraction thermique coordonnée entre les composants
Prise en compte des tolérances d'assemblage dans des conditions de basse température
Sélection de lubrifiants possédant des propriétés adéquates d'écoulement et d'adhérence à basse température
Seule une coordination thermo-mécanique au niveau du système permet au joint d'étanchéité de maintenir une pression de contact constante pendant toute la durée de fonctionnement.
La clé d'une étanchéité réussie à basse température n'est pas un serrage excessif, mais la création d'un système d'étanchéité doté d'une adaptabilité intrinsèque à la température.
En intégrant des matériaux optimisés, une géométrie du joint, des systèmes de ressort, une conception de surface d'arbre et un appariement thermique au niveau système, il est possible d'obtenir des performances d'étanchéité fiables et une durée de vie prolongée, même dans des conditions de basse température exigeantes.
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